Mary Baker Eddy se souciait-elle de l’environnement ?

27 avril 2017

Mary Baker Eddy se souciait-elle de l'environnement ?

A l’époque de Mary Baker Eddy, un « environnementaliste » était une personne qui croyait que l’influence exercée par l’environnement était plus grande que celle due à l’hérédité – en d’autres termes, il croyait à la prépondérance de l’acquis sur l’inné. Ce n’est qu’en 1916 que ce terme a été utilisé pour la première fois pour désigner celui qui se soucie de la nature. Au dix-neuvième siècle, un « naturaliste » se serait senti plus proche de ce que nous entendons aujourd’hui par un « environnementaliste », même si ce mot avait souvent un sens matérialiste, car les naturalistes recherchaient des explications dans la nature et non dans le monde spirituel.

Si Mary Baker Eddy ne correspondait pas à l’image d’un environnementaliste de son époque, elle se souciait néanmoins de l’environnement. Elle aimait les animaux et la nature, et pensait que la beauté du monde naturel reflétait la beauté et la majesté de Dieu.

Mary Baker Eddy a passé les quinze premières années de sa vie dans une ferme, à Bow, dans le New Hampshire. Son père, Mark Baker, cultivait près de deux cents hectares sur les terres familiales. Plus tard, elle se souviendra avec nostalgie « de larges champs de blé ployant, ondulant gracieusement dans la clarté du soleil… des vergers de pommiers, de pêchers, de poiriers et de cerisiers… de verts pâturages, égayés de baies, de ruisseaux chantants, de belles fleurs des champs, et… de grands troupeaux… »1

Elle aimait tout particulièrement les animaux de la ferme.

La maison de Mary Baker Eddy, à Concord, dans le New Hampshire, était une ferme en pleine activité. En plus des cochons et des vaches, il y avait un grand potager et un verger de pommiers. Les employés de la maison et les travailleurs journaliers de la région ramassaient et stockaient les légumes utilisés en cuisine. Lorsqu’on avait cueilli suffisamment de pommes pour satisfaire aux besoins de la maison, le voisinage était invité à cueillir l’excédent. Les registres tenus avec soin par Calvin Frye nous apprennent qu’on cultivait, selon les saisons, des pois, des betteraves, des pommes de terre, des oignons, des asperges, des fraises, des pommes, des pêches, de l’avoine, du seigle et des plantes fourragères. Dans l’un des champs, surnommé le « champ de Jones », on planta du seigle en 1901, et on le moissonna avec les chevaux de trait Nelly et Jerry. Le champ fut consacré au pâturage l’année suivante, mais cette unique moisson permit à la maisonnée d’avoir assez de seigle jusqu’en 1908, date à laquelle Mary Baker Eddy quitta Pleasant View.2 Elle ne considérait pas véritablement sa maison comme une ferme, mais plutôt comme un refuge, un lieu de résidence privé, entouré de terres nourricières.

Pleasant View était réputé non seulement pour ses cultures vivrières, mais également pour ses fleurs. La propriété possédait une serre entretenue par un fleuriste de Concord, et chaque printemps, John Salchow et August Mann aménageaient de vastes parterres de fleurs de diverses variétés en différents endroits, notamment entre la maison et la grange. Dans ses souvenirs, Salchow écrit que Mary Baker Eddy aimait particulièrement les roses, et qu’il avait pris grand soin de créer une « magnifique roseraie ». Il était également fier de ses parterres de tulipes : « La moitié des habitants de Concord venaient à Pleasant View pour les voir. Parfois, ils étaient jusqu’à trois ou quatre cents à venir les admirer le même jour. »3 La propriété possédait aussi des arbres d’ornement ; Mary Baker Eddy admirait particulièrement un saule pleureur, près de la fontaine, « qui étendait ses branches comme un éventail vert ».4

L’amour de Mary Baker Eddy pour la nature est manifeste dans ses écrits. Elle recourt souvent à des métaphores de la nature pour expliquer ses idées. Ainsi écrit-elle dans Science et Santé :

« L’instinct vaut mieux que la raison mal dirigée, comme le proclame la nature elle-même. Les violettes ouvrent leurs yeux bleus pour saluer les premiers jours du printemps. Les feuilles, ces adoratrices inlassables de la nature, battent des mains. La niverolle chante et plane au sein des rafales hivernales ; ses pattes mouillées ne lui donnent pas de bronchite, et elle se procure une résidence d’été avec plus de facilité qu’un nabab. L’atmosphère de la terre, plus clémente que l’atmosphère de l’entendement mortel, laisse la bronchite à ce dernier. Les rhumes, les toux et la contagion sont engendrés uniquement par des théories humaines. »5

Plus loin dans Science et Santé, elle amplifie cette même métaphore :

« La nature proclame la loi naturelle et spirituelle et l’Amour divin, mais la croyance humaine interprète mal la nature. Les régions arctiques, les tropiques ensoleillés, les montagnes gigantesques, les vents ailés, les vagues puissantes, les vallées verdoyantes, les fleurs joyeuses et les cieux glorieux témoignent tous de l’Entendement, l’intelligence spirituelle qu’ils reflètent. Les apôtres floraux sont des hiéroglyphes de la Divinité. Les soleils et les planètes enseignent des leçons sublimes. Les étoiles embellissent la nuit, et la feuille qui s’entrouvre se tourne naturellement vers la lumière. »6

Aujourd’hui, un grand nombre de gens, dans le monde, partagent cet amour de l’environnement que Mary Baker Eddy exprima tout au long de sa vie. On pourrait même dire que, grâce à la culture des champs de Pleasant View, elle « mangeait local ». Mais les tendances et les mots à la mode ne l’intéressaient pas ; elle faisait simplement preuve de cet amour Yankee [désigne ici un habitant de la Nouvelle-Angleterre] bien concret à l’égard du monde alentour, qui la caractérisa durant toute sa vie.

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  1. Mary Baker Eddy, Rétrospection et Introspection (Boston : La Première Eglise du Christ, Scientiste, 1901), p. 4.
  2. Souvenirs de John Salchow, p. 17.
  3. Ibid., p. 18.
  4. Ibid., p. 19.
  5. Mary Baker Eddy, Science et Santé avec la Clef des Ecritures (Boston : Les œuvres de Mary Baker Eddy, 1906), p. 220.
  6. Ibid., p. 240.