Une analyse approfondie des carnets de Calvin Frye

3 mai 2022

A list in Calvin Frye's diary

Pendant des décennies, Calvin Frye a tenu des notes quotidiennes des évènements dans des carnets comme celui-ci.

L’histoire de Mary Baker Eddy a été racontée avec divers degrés d’exactitude et de perspicacité. Certains de ses détracteurs clament dans leurs biographies qu’elle était dépendante à la morphine, à la fois avant et après sa découverte de la Science Chrétienne, en 1866. D’autres biographes ont déclaré qu’elle n’y était pas dépendante. Certains scientistes chrétiens sont allés plus loin en affirmant que Mary Baker Eddy n’a jamais eu recours à la morphine, même en tant qu’anesthésiant, alors que celle-ci était souvent prescrite à son époque.

L’histoire des carnets de Calvin Frye, mentionnant qu’elle y a eu recours à plusieurs reprises, complique encore ce débat, ainsi que les affirmations que les carnets ont été l’objet de modifications aussi bien que de notes falsifiées.

Nous voulions mieux comprendre ce que les carnets pouvaient nous dire au sujet de ces allégations contradictoires. D’une certaine façon, cette polémique a été un détail dans l’histoire de Mary Baker Eddy dans son ensemble, en tant que découvreuse, auteure, professeur, femme pratiquant la guérison, organisatrice et leader. Afin d’en apprendre davantage, la Bibliothèque a travaillé avec un expert scientifique reconnu, qui a analysé certains documents. Ces démarches, entreprises pour clore ce débat de longue date, seront bénéfiques pour le mouvement de la Science Chrétienne ainsi que pour tous ceux qui sont intéressés par sa fondatrice.

Les questions et les réponses ci-après expliquent ce projet et ses conclusions.

QUESTION : Qui était Calvin Frye ?
RÉPONSE :
Calvin A. Frye (1845-1917) a travaillé pour Mary Baker Eddy à partir de 1882 et jusqu’au décès de celle-ci en 1910. Pendant la plus grande partie de ces 28 années de service, il a tenu le poste de secrétaire mais il était aussi un fidèle confident. Il travaillait en étroite collaboration avec Mary Baker Eddy et était membre du personnel de sa maisonnée – tout d’abord à Boston, puis à Concord, New Hampshire, et finalement à Chestnut Hill, Massachusetts. Il prenait part aux activités quotidiennes des 25 employés de maison et connaissait bien les détails de ces activités.

Q : En quoi consistent les « carnets de Frye »  ?
R
 : Entre 1865 et 1917, Calvin Frye a tenu un journal quotidien des évènements. Il notait les transactions financières, la comptabilité, des observations générales et des remarques inspirées. Certaines sont consignées dans de petits carnets journaliers, d’autres dans de plus gros livres de notes, à couverture rigide. La plupart sont écrits au crayon à papier, même si certains sont écrits à l’encre. Beaucoup comprennent de courtes annotations de Calvin Frye en sténographie de Pitman. Sous de nombreux aspects, les carnets ressemblent plutôt à des cahiers datés qu’à des registres détaillés. Certains ont été ré-employés et comprennent des notes datant de différentes années.

Q : Pourquoi les carnets de Calvin Frye sont-ils importants ?
R : 
Ils témoignent de la vie quotidienne par quelqu’un qui était très proche de Mary Baker Eddy, alors que le mouvement de la Science Chrétienne se mettait en place.

Q : Pourquoi y a-t-il polémique autour de ces carnets ?
R :
Parmi les milliers de notes inscrites dans ces carnets, Calvin Frye a inclus des mentions parlant des maladies occasionnelles de Mary Baker Eddy et de l’aide par la prière qu’elle demandait aux scientistes chrétiens de son entourage. Ce traitement par la Science Chrétienne était une forme de prière appliquée à la guérison des maux physiques et d’autres problèmes de la vie. Les scientistes chrétiens continuent d’employer cette méthode aujourd’hui.

Entre 1903 et 1910, les carnets de Calvin Frye font référence aux attaques de calculs rénaux subies par Mary Baker Eddy. Il a noté plusieurs fois que Mary Baker Eddy ou son personnel ont demandé à un médecin de lui faire une injection de morphine ou d’un anesthésiant afin de soulager l’intense souffrance liée à cette maladie. A d’autres occasions un médecin a été appelé au cas où son intervention serait nécessaire, mais il semble qu’il n’ait pas administré de morphine. Les carnets mentionnent les honoraires réglés pour ces services.

Q : Pourquoi l’utilisation par Mary Baker Eddy de morphine comme anesthésiant ferait-elle polémique ?
R :
Dans les dix dernières années de sa vie, Mary Baker Eddy était devenue une figure publique. La presse s’intéressait, entre autres choses, à l’état de sa santé. A partir du moment où elle présentait la Science Chrétienne comme système de guérison par la prière, on regardait de près si elle s’appuyait sur ses propres enseignements. Certains journaux rapportaient qu’elle prenait des médicaments pour divers maux ; qu’elle était sous traitement d’un médecin ; qu’elle était en train de mourir d’un cancer ; qu’elle était dépendante à la morphine. Rien de tout cela n’était vrai. Mais quelques scientistes chrétiens, qui savaient que Mary Baker Eddy utilisait la morphine comme anesthésiant, croyaient qu’une connaissance publique de ce fait aurait comme résultat de la discréditer – comme ce fut le cas d’ailleurs.

Q : Qu’est-il advenu des carnets après le décès de Mary Baker Eddy ?
R :
Calvin Frye a continué à écrire ses carnets après le décès de Mary Baker Eddy, le 3 décembre 1910. Au moment du décès de Calvin Frye en 1917, un des responsables de l’église, John Dittemore, a pris possession de plusieurs de ces carnets. Peut-être craignait-il qu’ils ne contiennent des informations qui auraient pu porter préjudice à Mary Baker Eddy. Il semble qu’à ce moment là, lui ou quelqu’un d’autre en aurait découpé quelques pages (mais pas toutes) qui faisaient allusion aux calculs rénaux et aux injections de morphine. Les autres carnets étaient dans les mains du neveu de Calvin Frye, Oscar Frye.

Q : Qui était John Dittemore ?
R :
John V. Dittemore (1876-1937) a été membre du Conseil des directeurs de la Science Chrétienne à partir de 1909. Il a été démis de ses fonctions en 1919. Cela a coïncidé avec une période de litige entre La Première Eglise du Christ, Scientiste (L’Eglise Mère) et la Société d’édition de la Science Chrétienne. Sa destitution a conduit John Dittemore à s’éloigner de la Science Chrétienne. Pendant un moment, il a été proche d’Annie C. Bill (1861-1936), qui prétendait succéder à Mary Baker Eddy. Elle tentait de lancer une organisation qui concurrencerait L’Eglise Mère. Le magazine d’Annie Bill, The Christian Science Watchman [Le veilleur scientiste chrétien], prétendait, probablement d’après une information fournie par Dittemore, que Mary Baker Eddy suivait un traitement médical.1

Dittemore a très mal interprété ce qui semble avoir été un nombre limité d’injections analgésiques de morphine que Mary Baker Eddy a reçues entre 1903 et 1910. Il a réinterprété ses enseignements et finalement, à la fin des années 1920, a tenté de la discréditer. Dans cet esprit, il a fourni des extraits des carnets de Calvin Frye à Edwin F. Dakin dont la biographie critique (et très lue) Mrs. Eddy: The Biography of a Virginal Mind [Mary Baker Eddy : La biographie d’un esprit virginal] a été publiée en 1930.

Q : Comment Dakin a-t-il utilisé les extraits fournis par Dittemore ?
R :
Il les a utilisés comme faisant partie de la description largement fictive qu’il a faite de la vie de Mary Baker Eddy, la dépeignant comme un escroc, une hystérique, une mégalomane ainsi qu’une toxicomane dépendante à la morphine. L’image déformée qu’il a donnée de Mary Baker Eddy continue d’influencer les études et l’opinion publique à son sujet aussi bien qu’au sujet de la Science Chrétienne.

Q : Dittemore a-t-il lui-même co-écrit une biographie de Mary Baker Eddy ?
R : Oui. Il a été reconnu, avec Ernest Sutherland Bates, comme auteur de Mary Baker Eddy: The Truth and the Tradition [Mary Baker Eddy : La vérité et la tradition]. Cette biographie défavorable à Mary Baker Eddy, publiée en 1932, cite également les carnets de Calvin Frye.

Q : Comment l’Eglise du Christ, Scientiste, a-t-elle acquis les carnets de Calvin Frye ?
R : Après que les poursuites judiciaires entamées en 1919 ont été résolues en faveur du Conseil des directeurs de la Science Chrétienne, John Dittemore a conclu personnellement un accord avec eux. Il a rendu quelques uns des carnets de Calvin Frye mais a insisté pour brûler les pages qu’il y avait déchirées. Ce que les directeurs ne savaient pas à cette époque, c’est que John Dittemore avait fait des copies de ces pages. Au cours des années, d’autres carnets de Calvin Frye sont arrivés en possession de L’Eglise Mère à partir de deux sources : Dittemore2 et la famille de Calvin Frye. Finalement, plus d’une centaine de carnets – y compris les copies faites par John Dittemore des pages qui avaient été détruites – ont été rassemblées. Ils sont aujourd’hui dans les archives de la Bibliothèque Mary Baker Eddy. Depuis 2002, des copies numérisées sont disponibles au public par le biais de la salle de documentation de la Bibliothèque.

Q : Comment L’Eglise Mère a-t-elle répondu aux accusations selon lesquelles Mary Baker Eddy était dépendante aux médicaments ou qu’elle avait souvent fait appel aux médecins durant cette période ?
R : Le Conseil des directeurs de la Science Chrétienne publia une déclaration en 1929, qui prenait la défense Mary Baker Eddy tout en reconnaissant le fait qu’elle avait utilisé un anesthésiant à des moments de douleur intense, probablement en réponse aux affirmations parues dans le Christian Science Watchman.3

Q : Cela a-t-il résolu les questions au sujet de la morphine ?
R : Non. Les questions concernant Mary Baker Eddy et la morphine n’ont cessé de refaire surface au fil des décennies. D’un côté, ses détracteurs dépeignent Mary Baker Eddy comme dépendante aux médicaments ou comme quelqu’un d’hypocrite, qui s’appuyait sur la médecine en contradiction avec ses propres enseignements. D’un autre côté, certains scientistes chrétiens rejettent l’évidence qu’elle ait jamais utilisé la morphine comme anesthésiant, malgré la déclaration de 1929 du Conseil des directeurs, sans même parler des propres mots de Mary Baker Eddy dans son livre Science et Santé avec la Clef des Ecritures :

Si par la suite d’un accident ou d’une cause quelconque, un scientiste chrétien était saisi de douleurs si violentes qu’il lui serait impossible de se traiter lui-même mentalement – les scientistes n’ayant pas réussi à le soulager – le malade pourrait appeler un chirurgien pour qu’il lui fasse une piqûre de morphine ; alors une fois la croyance à la douleur endormie, il pourrait entreprendre de se traiter mentalement. C’est ainsi que nous « éprouvons toutes choses [et] retenons ce qui est bon. »4

Q : Des biographies plus récentes de Mary Baker Eddy ont-elles abordé ce sujet ?
R : Oui. Dans le dernier volume de la trilogie Mary Baker Eddy: The Years of Authority [Mary Baker Eddy : Les années d’autorité], publié en 1977, le biographe Robert Peel a proposé pour la première fois une étude documentée sur cette question de la morphine.5 Les biographes qui ont suivi ont aussi inclus des récits à ce sujet.

Q : Pour quelle raison la Bibliothèque Mary Baker Eddy a-t-elle entrepris une analyse scientifique des carnets de Calvin Frye ?
R : Dittemore a falsifié les carnets, découpant et photocopiant les pages. Certains ont prétendu que les photocopies auraient pu être modifiées et n’étaient pas de la main de Calvin Frye, et que les ratures sur ces pages et d’autres pages indiquent qu’il y a eu des tentatives d’altérer le contenu des carnets. Apparemment, les déclarations de plusieurs scientistes chrétiens qui servirent dans la maison de Mary Baker Eddy contredisent les notes de Calvin Frye.6 Afin de savoir s’il y a vraiment eu falsification et modification, la Bibliothèque Mary Baker Eddy a eu recours aux services de Khody Detwiler, un expert reconnu dans l’analyse scientifique de documents. Il a examiné dix carnets qui faisaient référence aux injections de morphine et aux honoraires des médecins. Il a également examiné les photocopies ainsi que les pages montrant des ratures et de nouveaux mots remplaçant les anciens. Il s’est consacré à ce travail du 8 au 12 mars 2021 au siège de la Bibliothèque Mary Baker Eddy à Boston. Il a rendu son rapport en mai 2021.

Q : Comment le travail a-t-il été effectué ?
R : Detwiler s’est servi d’une combinaison de techniques d’agrandissement et d’éclairage haute résolution, ainsi que d’un éclairage oblique (éclairage latéral, rasant la surface du papier) et transmis (éclairage traversant le papier) et aussi de courtes impulsions de lumière UV et infrarouge. Il a examiné tous les carnets de Calvin Frye dont les notes étaient douteuses ainsi que des échantillons d’autres documents de la main de Calvin Frye ou de celle de Dittemore.

Analysant l’écriture de divers documents, Detwiler a comparé la formation des lettres (la façon dont elles étaient tracées) et l’exécution de la calligraphie (sa vitesse et sa fluidité). Il a aussi procédé à une analyse du papier, des encres et des oblitérations (ratures). Même dans le cas de ratures complètes, un analyste peut tout de même lire, sur les pages qui se trouvent en dessous, ce qui a été inscrit, en fonction de la pression exercée par la main qui écrit.

Ces examens ont constitué la base des conclusions de Detwiler. Il a utilisé une échelle allant de « Identification » (confirmant la paternité de l’auteur du document en question) à « Elimination » (confirmant la non paternité de l’auteur du document en question), en passant par des degrés intermédiaires, tels que « Problable », « Forte probabilité » et « Aucune conclusion ».

Q : Quelles ont été les conclusions de Detwiler ?
R : Il a trouvé que Dittemore n’a écrit aucune des notes jugées douteuses dans les dix carnets de Calvin Frye soumis à son examen. De plus, il a découvert que c’était effectivement Calvin Frye qui avait écrit ces notes. En d’autres termes, ses conclusions étaient « Elimination » de John Dittemore et « Identification » de Calvin Frye.

En examinant les ratures, Detwiler a trouvé que certains mots pouvaient être reconstitués mais que la plupart ne pouvaient pas l’être. La fragilité du papier en était la cause. On pourrait faire une analyse plus poussée ; mais il faudrait alors détacher les pages des carnets.

Q : A la lumière de cette analyse scientifique qu’avons-nous appris de nouveau au sujet des carnets de Calvin Frye ?
R : Nous savons que c’est Calvin Frye qui a écrit dans les carnets les notes relatives aux injections de morphine. Nous savons aussi que John Dittemore n’a pas écrit ces notes. Il n’est pas toujours possible de déterminer qui a fait toutes les ratures ou de reconstituer tous les mots qui ont été raturés.

Q : Les carnets de Calvin Frye montrent-ils que Mary Baker Eddy était dépendante à la morphine ?
R : Non. Il serait difficile d’interpréter les notes des carnets sur ce sujet comme indiquant soit l’abus de substances, soit la dépendance. Elles mentionnent bien l’administration du médicament comme anesthésiant dans plusieurs cas de douleurs extrêmes.

Il y a davantage à apprendre des carnets de Calvin Frye et d’autres documents historiques à disposition du public à la Bibliothèque Mary Baker Eddy. Les notes contenues dans les carnets confirment que Mary Baker Eddy s’appuyait en effet sur la Science Chrétienne pour la guérison de maladies sérieuses ou bénignes. Quelquefois, elle demandait à d’autres personnes un traitement par la prière et elles l’aidaient. Les problèmes de santé ne concernent qu’une petite partie du contenu des douzaines des carnets de nos collections, et nous invitons les lecteurs à nous contacter pour obtenir plus d’informations au sujet de Mary Baker Eddy, des membres de sa maisonnée et de leurs activités quotidiennes.

Ecoutez le podcast (en anglais) Examining the evidence: forensic handwriting analysis at The Mary Baker Eddy Library [Examiner l’évidence : l’analyse scientifique d’une écriture à la Bibliothèque Mary Baker Eddy], un épisode de la série Seekers and Scholars [Chercheurs et Universitaires] avec Khody Detwiler et deux membres du personnel de la Bibliothèque.


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  1. Voir « Christian Science Committees on Publication Regarding Mrs. Eddy’s Use of Drugs » [Les Comités de Publication de la Science Chrétienne concernant l’utilisation de médicaments par Mary Baker Eddy], signé par « Les rédacteurs du Christian Science Watchman », qui déclarait qu’au cours de ses dernières années, Mary Baker Eddy « à plusieurs reprises avait eu recours à des médecins qui lui avaient administré des médicaments et des anesthésiants. »
  2. La résolution de Dittemore v. Dickey [Dittemore contre Dickey] n’incluait pas la destitution de John Dittemore du conseil d’administration de la Christian Science Benevolent Association [Association de bienfaisance de la Science Chrétienne] ni de son poste comme l’un des administrateurs du testament de Mary Baker Eddy. Afin d’obtenir sa démission de ces postes et de récupérer des documents historiques, le Conseil des directeurs de la Science Chrétienne a conclu un arrangement d’ordre financier avec John Dittemore en 1924.
  3. « A Statement by the Directors » [Une déclaration des directeurs], Christian Science Sentinel, 26 janvier 1929, p 430 ; publié à nouveau dans le Christian Science Journal, mars 1929, p 669. Ouvr. cité, « Christian Science Committees on Publication Regarding Mrs. Eddy’s Use of Drugs » [Les Comités de Publication de la Science Chrétienne concernant l’utilisation de médicaments par Mary Baker Eddy].
  4. Mary Baker Eddy, Science et Santé avec la Clef des Ecritures (Boston : Le Conseil des directeurs de la Science Chrétienne), p. 464.
  5. Robert Peel, Mary Baker Eddy: The Years of Authority [Mary Baker Eddy : Les années d’autorité], (New York: Holt, Rinehart & Winston, 1977), p 236-241.
  6. Voir, par exemple, la déclaration de Irving Tomlinson en 1930, « Mrs. Eddy’s Reliance on God » [La confiance de Mary Baker Eddy en Dieu], trouvée dans les dossiers de ses souvenirs. Cependant, les souvenirs d’Adélaide Still corroborent les carnets de Calvin Frye. Une lettre de William R. Rathvon est plus hésitante.