Extrait des documents : « Ce petit livre vous rendra célèbre »

20 mai 2020

En 1884, Mary Baker Eddy écrit à Caroline D. Noyes pour l’encourager à « diffuser le livre qui fait tellement de bien ». Elle dit que ses élèves lui rapportent que Science et Santé fait autant sinon plus en faveur de la guérison qu’ils ne le font eux-mêmes. Nous vous invitons à lire ci-dessous la correspondance annotée entre Caroline D. Noyes et Mary Baker Eddy.


Titre éditorial : Caroline D. Noyes à Mary Baker Eddy, 19 juin 1884

Auteur : Caroline D. Noyes*
Destinataire : Mary Baker Eddy
Date : 19 juin 1884
Référence : 304.43.008
Description du manuscrit : Ecrit à la main par Caroline D. Noyes sur papier à lettre ligné avec un motif d’oiseaux en relief, de Chicago, Illinois.
Note de l’éditeur : Le texte en caractères gras qui précède la lettre provient d’une coupure de presse collée en haut de la lettre de Caroline Noyes.

KATIE SWARTS**, MÉTAPHYSICIENNE, DONNERA une conférence ce soir à 8 heures, au 213 W. Madison-st, sur : La Science divine de la santé, ou Instructions pour la guérison mentale. Entrée : 10 cents. Résidence : 14 Bryan Place.

Chicago, le 19 juin 1884

Chère Madame Eddy,

J’ai reçu un prospectus concernant les livres1 et j’ai été ravie d’apprendre que je pouvais bénéficier d’une réduction en en commandant une douzaine d’exemplaires, car je pense qu’il me sera maintenant possible d’en donner à l’occasion. Ce petit Livre2 vous rendra célèbre pour toujours, et même s’il était imprimé en lettres d’or sur papier d’argent, cela ne lui rendrait hommage que bien faiblement. Je me suis procuré quelques exemplaires du Dr Sherman***, mais bien sûr, j’ai dû les lui payer au prix fort. Je joindrai deux dollars3 pour mon annonce4. J’espère que cela arrivera à temps pour le prochain numéro.

Je joindrai également cette annonce que j’ai découpée dans le journal d’hier soir afin que vous sachiez ce que font certaines personnes ici. Je vous le dis, Madame Eddy, ce quartier ouest est un endroit bizarre, quand on le compare à la respectabilité du vieux Boston. Mais c’est là que je suis et que je resterai pendant un moment, bien que je sois vraiment écœurée, tout comme les amies du Dr Sherman, par les agissements de certains. Nous refusons toute association avec ces charlatans que sont les Swarts. Ils ont dû se marier en quelques jours. Mes patients se débrouillent bien avec ce que je leur offre, mais mon activité n’est pas aussi florissante que lorsque vous étiez là, ce qui bien sûr n’est vraiment pas normal, mais j’ai plus de courage depuis la dernière fois que je vous ai écrit. Je sais que c’est seulement une question de temps, car mes patients n’ont jamais fait autant de progrès que maintenant, et j’ai quelques cas extrêmes.

Merci de m’envoyer mes livres – une douzaine d’exemplaires en contre-remboursement.

Vous souhaitant bonheur et prospérité, je me reconnais en votre fidèle élève.

Madame G. P. Noyes


Titre éditorial : Mary Baker Eddy à Caroline D. Noyes, 27 juin 1884

Auteur : Mary Baker Eddy
Destinataire : Caroline D. Noyes
Date : 27 juin 1884
Référence : L05410
Description du manuscrit : Ecrit à la main par Mary Baker Eddy sur papier à lettre à en-tête du Massachusetts Metaphysical College.

Madame Noyes
Ma chère élève,

Votre faveur a été reçue avec plaisir, et je profite de la première occasion qui m’est donnée pour vous répondre.

Je suis heureuse que vous entrepreniez de diffuser le livre qui fait tant de bien. Mes élèves disent que le livre fait autant sinon plus en faveur de la guérison qu’ils ne le font eux-mêmes. Oui, ma chère, je suis d’accord avec vous, cet honnête et respectable vieux Boston est le bon endroit pour y avoir son foyer, et j’espère que vous vous y installerez à nouveau dans un avenir pas trop lointain. Oui, vous pouvez guérir avec un succès bien plus assuré qu’auparavant, et à présent affrontez et maîtrisez le mensonge qui voudrait nier cela. Vous savez qu’une fausseté n’a pas de pouvoir, prenez-en seulement conscience et tout ira bien. Il n’y a pas d’autre Entendement que Dieu, par conséquent il n’y a pas d’intelligences ni d’entendements individualisés pour vous barrer la route.**** Prenez-en conscience ma chère enfant, et soyez en paix. Vous progressez, et j’espère que nous ne laisserez rien entraver votre chemin ascendant. Oui, cette annonce est risible. Je leur ai écrit qu’ils n’étaient pas qualifiés pour enseigner, mais je ne suis pas la gardienne de mes élèves. Ils n’ont même jamais suivi un cours avec moi.

Que Dieu vous bénisse, à bientôt,

M B G Eddy

(Je vous envoie une brochure.)

Le travail se poursuit glorieusement ici ; écrivez-moi de temps en temps, et je vous répondrai dès que je le pourrai.

Pourquoi n’iriez-vous pas voir Mme Coursen***** pour l’aider un peu, elle a besoin d’une vraie scientiste5 pour lui parler de temps en temps et l’encourager à accepter la bonne voie.

M. B. G. E.

*Caroline D. Noyes

Caroline D. Noyes (1846-1922) est née à Gardiner, dans le Maine, et elle y est également décédée. Elle s’est intéressée à la Science Chrétienne en 1882 après avoir assisté à des conférences tenues dans le salon de Mary Baker Eddy, au 569 Columbus Avenue. Par la suite, elle a étudié avec Mary Baker Eddy, et a suivi le Cours Primaire (1884), le Cours Normal (1885) et le Cours d’Obstétrique (1887). Elle est devenue membre de l’Association de la Science Chrétienne en mars 1884, puis de La Première Eglise du Christ, Scientiste, le 31 décembre 1892, et elle en est restée membre jusqu’à sa mort. Elle a été l’une des pionnières de la Science Chrétienne dans le Midwest. En 1886, elle a rédigé la charte du premier Institut de la Science Chrétienne dans l’Illinois, et elle a aussi été membre co-fondateur de l’Eglise du Christ (Scientiste), Chicago (renommée plus tard Première Eglise du Christ, Scientiste, Chicago). A la fin des années 1890, elle est retournée à Gardiner, où elle a poursuivi ses activités de praticienne et professeure de Science Chrétienne inscrite dans le répertoire du Christian Science Journal, jusqu’en 1914.

**Kate (Katie) Swarts

Katie Swarts (v. 1839-v. 1911) est née dans le Michigan, et elle est probablement décédée dans l’Illinois. En mai 1884, son mari, A. J. Swarts, et elle ont assisté aux cinq derniers jours d’un Cours Primaire enseigné à Chicago par Mary Baker Eddy. Peu après, elle et son mari ont enseigné leur propre pratique de la guérison métaphysique, nommée Université de la Science spirituelle. Ce système plagiait la terminologie de la Science Chrétienne tout en rejetant les méthodes de Mary Baker Eddy. A partir de 1885, ils ont publié un mensuel appelé The Mind Cure and Science of Life [La guérison-Entendement et la Science de la Vie] (renommé par la suite Mental Science Magazine [Magazine de la Science mentale]), qui contenait régulièrement des articles désavouant les enseignements de Mary Baker Eddy. Vers la fin 1888, A. J. Swarts a transféré la propriété du Mental Science Magazine à Katie, qui l’a vendu à Ida. A. Nichols, au printemps 1889. En 1892, Katie Swarts a étudié la Science Chrétienne avec Mary A. Philbrick, une élève de Mary Baker Eddy, et elle a demandé à cette dernière l’autorisation d’intégrer le mouvement de la Science Chrétienne. On ignore si Mary Baker Eddy lui a répondu, et rien n’indique dans les archives que Katie Swarts ait été membre de La Première Eglise du Christ, Scientiste. Après avoir suivi les quelques derniers cours de Mary Baker Eddy à Chicago, elle a enseigné son propre système de guérison en reprenant la terminologie de la Science Chrétienne, tout en rejetant les méthodes de Mary Baker Eddy.

***Dr Sherman

Bradford Sherman (1827-1917) est né à Eastham, dans le Massachusetts, et il est mort à Chicago, dans l’Illinois. Son intérêt pour la Science Chrétienne remonte à 1882, après qu’il a été témoin d’une guérison à Boston. Il est retourné ensuite à Chicago et, après avoir étudié Science et Santé, il a commencé à enseigner et à accomplir des guérisons. Plus tard, il a été l’élève de Mary Baker Eddy, et a suivi le Cours Primaire (1884) et le Cours Normal (1885). Il a joué un rôle important dans la croissance du mouvement de la Science Chrétienne dans le Midwest et il a également contribué à préparer la première visite de Mary Baker Eddy à Chicago, en mai 1884. Il est devenu membre de l’Association de la Science Chrétienne le 4 mars 1885, et, en juillet 1893, de La Première Eglise du Christ, Scientiste, et il l’est resté jusqu’à sa mort. Il a été praticien et professeur de Science Chrétienne inscrit dans le Christian Science Journal de 1884 à 1917, pratiquant avec sa femme, Martha E. Sherman, de 1884 à 1897, puis plus tard avec son fils, Roger, de 1902 à 1917.

****Mauvaise pratique mentale/Mesmérisme

Selon Mary Baker Eddy, la mauvaise pratique mentale est « l’action nuisible d’un entendement mortel qui, poussé par de mauvais mobiles, en gouverne un autre, et elle est exercée avec une intention erronée ou méchante » (Science et Santé 451:30). Mary Baker Eddy a compris que le « magnétisme animal », appelé également « mesmérisme », est à la base de cette mauvaise pratique. Le mesmérisme a été porté pour la première fois à la connaissance du public au XVIIIe siècle par Franz Anton Mesmer. Ce dernier a découvert que certaines personnes pouvaient être placées dans un état de « sommeil magnétique » durant lequel il était possible de les influencer ou de les gouverner par des suggestions mentales, communiquées soit verbalement soit par télépathie par le « mesmériste ». Mary Baker Eddy a mis en garde ses élèves contre le recours à l’entendement mortel ou mesmérisme (Science et Santé 591:27) pour gouverner les autres dans leur pratique de la Science Chrétienne, en déclarant : « En Science Chrétienne, nous n’avons ni le droit moral ni l’autorité d’influencer les pensées des autres, si ce n’est afin de servir Dieu et de faire du bien à l’humanité. Il est juste que l’homme se gouverne lui-même et il ne devrait être guidé par aucun autre entendement que la Vérité, l’Entendement divin. » (Message de 1901 20:2-8) Elle a compris qu’il était important que ses élèves sachent se défendre contre les effets négatifs résultant de l’entendement mortel, et elle a fait un ajout important à Science et Santé pour traiter ce sujet (Rétrospection et Introspection 38:6-9).

*****E. S. Coursen

E. S. Coursen (plus tard Emily S. Dainty) (1847-1921) est née à Mackinack Island, dans le Michigan, et elle est morte à Chicago, dans l’Illinois. En 1883, elle a suivi un cours avec Charles Osgood, un métaphysicien établi à Charletown, dans le Massachusetts. Elle a rencontré Mary Baker Eddy à Boston peu de temps après, et lui a fait part de son insatisfaction concernant l’enseignement d’Osgood. Mary Baker Eddy lui a proposé de suivre son cours à un prix réduit, ce qu’elle a accepté. Elle a alors suivi le cours de Mary Baker Eddy à Chicago, en mai 1884. Elle était la femme d’Abraham G. Coursen, l’associé en affaires de John Sherman, le frère cadet de Bradford Sherman. Bradford était un élève de Mary Baker Eddy qui a joué un rôle important dans la croissance du mouvement de la Science Chrétienne dans le Midwest. Il n’y a nulle trace de l’adhésion d’Emily Coursen à l’Association de la Science Chrétienne ni de son adhésion à l’Eglise du Christ (Scientiste).

Documents originaux annotés sur le site Internet « Documents Mary Baker Eddy » (site en anglais uniquement) :


Les « Documents Mary Baker Eddy » sont le fruit d’un travail important réalisé par la Bibliothèque Mary Baker Eddy pour annoter et publier au format numérique la correspondance, les sermons et autres documents manuscrits de Mary Baker Eddy.

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  1. Sauf indication contraire, « les livres » dont il est question dans ces lettres sont des exemplaires de Science et Santé avec la Clef des Ecritures, de Mary Baker Eddy.
  2. Voir Apocalypse 10:1-11.
  3. 2 $ en 1884 équivalent à peu près à 57 $ en 2019.
  4. Il s’agit probablement de l’annonce de Caroline Noyes en tant que praticienne de la Science Chrétienne dans The Christian Science Journal.
  5. Scientiste chrétienne.